Le syndrome de Diogène : définition clinique et histoire des frères Collyer

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Le syndrome de Diogène est un trouble du comportement encore mal connu du grand public, mais régulièrement rencontré en pratique clinique.

Il associe isolement social extrême, incurie sévère et accumulation compulsive d’objets ou de déchets.

L’histoire des frères Collyer, à New York, en est l’un des exemples les plus emblématiques.


Syndrome de Diogène : définition et symptômes cliniques

Cliniquement, le syndrome de Diogène repose sur quatre dimensions principales :

       👉  une incurie extrême, avec abandon de l’hygiène corporelle et domestique,

       👉  une syllogomanie, c’est-à-dire une accumulation massive et compulsive d’objets ou de déchets,

       👉  un isolement social profond, souvent ancien,

       👉  un déni du trouble, avec refus de toute aide extérieure.

Il peut apparaître après un événement traumatique ou s’inscrire sur un terrain psychiatrique ou neurologique : démences, psychoses, dépressions sévères ou troubles obsessionnels.

On estime qu’environ 1 personne sur 2000 serait concernée, avec une prévalence plus élevée après 60 ans.

Une fois diagnostiqué, le pronostic est réservé : environ 40 % de décès dans les cinq ans (Hanon, 2006).

Les frères Collyer : un cas historique de syndrome de Diogène

Homer et Langley Collyer naissent à la fin du XIXᵉ siècle dans une famille aisée de New York.
Études prestigieuses, héritage confortable, maison familiale à Harlem : rien ne les destinait à une telle issue.

Après la mort de leurs parents, ils se replient progressivement sur eux-mêmes.
L’isolement s’installe, l’accumulation d’objets en tout genre devient massive, leur maison se dégrade et devient insalubre. 

Ils meurent 18 ans après leur mère, littéralement engloutis par les déchets accumulés dans leur maison. 

Pourquoi parle-t-on de « syndrome de Diogène » ?

Le terme apparaît en 1975, donné par des gériatres britanniques en référence à Diogène de Sinope, philosophe grec vivant dans une grande marginalité.

La référence est pourtant imparfaite : Diogène prônait un minimalisme radical, là où le syndrome de Diogène repose sur l’accumulation compulsive.
Le nom est resté, malgré cette confusion historique.

Un trouble bien réel, malgré son absence des classifications internationales

Le syndrome de Diogène ne figure pas comme entité propre dans les grandes classifications internationales (DSM, CIM, etc).
Il partage certains critères avec le trouble d’accumulation compulsive, sans y être totalement superposable.

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